Manifestation contre Gardaworld et ICE
Violence fasciste et résistance: ici aussi ça se passe.
Le 13 février, une manifestation avait lieu dans ville Saint-Laurent pour dénoncer les liens de Garda World avec la police de l’immigration américaine ICE ainsi que le financement de cette dernière par le gouvernement québécois et canadien.
Environ 1000 personnes ont marché de la Place Vertu au siège social de Garda World. Pendant la marche jusqu’au siège social, les manifestant·es ont dénoncé les déportations violentes organisées par ICE, mais aussi la politique d’immigration répressive menée ici par nos gouvernements canadiens. Cette manifestation s’inscrit bien évidement dans la continuité du soulèvement en cours aux état-unis depuis des mois.
Une fois parvenu·es au siège social de Garda les manifestant·es sont entré·es sur le terrain de Gardaworld, et, faisant face à des lignes d’anti-émeutes agressives, ont fait pleuvoir des projectiles (roches et glace, mais surtout des balles de neige) sur la police tout en scandant des slogans dénonçant la complicité du Québec (et des forces de l’ordre) avec Garda, et par extension avec ICE.
Le spvm a rapidement tiré du poivre sur les manifestant·es et les agent·es on braqué leurs canons sur la foule, faisant rapidement escalader la situation. Face au refus de reculer exprimé par les manifestant·es, la police a directement chargé la foule.
Une échauffourée s’est alors déclenchée entre les manifestant·es et la police, cette dernière essayant de scinder et disperser la manif. Face aux attaques policières, les manifestant·es ont réussi à tenir bon et retenir une série de charges. Malgré leur détermination, les militant·es ont été obligé·es de quitter le terrains de Garda. La manifestation a alors été divisée en deux bloc qui, chacun de leur côté, ont repris la rue en tenant bon face à des lignes de police particulièrement agressives. S’est alors lancée une longue marche au travers de ville Saint-Laurent, au cours de laquelle on a vu les manifestant·es résister à plusieurs charges et attaques au gaz. La police n’a pas réussi à disperser la manifestation avant qu’elle ne revienne à son point de départ et prenne fin naturellement. Selon des informations circulant sur les réseaux sociaux, la police aurait fait six blessés et une arrestation.
On n’a pas souvent l’habitude de voir un tel niveau de combativité et de résistance dans des manifestations populaires à Montréal. Il faut dire que la foule était particulièrement enragée, et avec raison. Depuis des mois, ICE mène des rafles de migrant·es au travers des États-Unis, menant à des détentions, déportations et disparitions. L’agence et les forces associées ont aussi assassiné plusieurs américain·es, notamment les cas très médiatisées de Renee Nicole Good et Alex Pretti, mais au moins 6 autres personnes ont été tuées hors caméra depuis le début de l’année (Luis Gustavo Núñez Cáceres, Geraldo Lunas Campos, Víctor Manuel Díaz, Parady La, Luis Beltrán Yáñez–Cruz et Heber Sánchez Domínguez).
Alors que la majorité des médias canadien dépeignent le phénomène d’ICE comme étranger, comme des nouvelles internationales dans lesquelles le Canada n’aurait qu’un rôle de témoin, la réalité est toute autre. Comme le dénonçaient les manifestant·es, une partie de la classe capitaliste canadienne maintient des liens étroits avec l’agence. Garda World en est un exemple, elle participe au développement et déroulement des opérations des camps de détention de l’agence. Cette compagnie de sécurité privée s’est récemment vu octroyer des contrats d’une valeurs de plus de 100 millions de dollars par le régime américain. Elle avait par le passé obtenu un tiers de milliards d’investissement public pour développer ses activités à l’international. C’est loin d’être la seule: la compagnie de véhiculres Roshel a aussi été pointée du doigt par des activistes pour avoir fourni des transports blindés aux agences américaines.
En plus de la complicité économique du Canada avec la violences anti-migrant au État-Unis, il faut rappeler qu’ici aussi, l’État déporte, discrimine et violente les communautés migrantes. Soulignons aussi qu’outre les centres de détention pour migrant·es déjà actifs au Canada, des projets de loi (notamment le projet C-12, proposé par Carney) représentent un danger croissant pour les immigrant·es au Canada, comme ils semblent faire avancer les politiques d’immigration canadienne dans une direction similaire à celle des Étas-Unis. Gardaworld fournit d’ailleurs aussi des service de sécurité au « Centre de surveillance de l’immigration », la prison pour migrant de Laval.
Là où la majorité des appels et dénonciations émergeant du contexte local restent extrêmement pacifiants et prétendent que le problèmes est proprement américain, la manifestation d’aujourd’hui éclaire sous un autre jour la crise fasciste et ses agents. Clarté, combativité, solidarité et courage sont nos armes dans ce combat historique.
