Call for papers
Titre: Esquisser des horizons révolutionnaires
Pour sa deuxième édition, Front Rose invite ses contributeurices à réfléchir à l’utopie et à risquer des propositions révolutionnaires : visions, pratiques et stratégies pour vivre autrement !
À propos des utopies
Le terme « utopie » désigne souvent la représentation d’une société idéalisée, débarrassée de tout élément négatif. Nous sommes censé.es y aspirer. Nous savons cependant que cet idéal a été construit par les discours dominants et qu’il trouve ses racines dans l’oppression des autres.
Nous rejetons l’utopie en tant que fantasme lointain, projet technocratique ou rêve apolitique détaché de la lutte matérielle. Dans le cadre de ce projet, l’utopie est comprise comme une méthode et un horizon, une pratique consistant à imaginer et à répéter des futurs qui rompent activement avec l’ordre actuel.
Dans ce sens, l’utopie n’est pas synonyme de perfection. C’est un processus collectif inachevé, ancré dans le refus, l’expérimentation et le désir. Elle émerge de la lutte et est responsable des conditions de survie, de soins et de résistance dans le temps présent.
Les devenir queer
Nous comprenons la notion de devenir queer non pas comme une quête individuelle d’épanouissement personnel mais comme un horizon révolutionnaire qui refuse les lignes straight du progrès capitaliste, du temps colonial et de l’inclusion gérée par l’État. Il ne s’agit pas d’assimiler la vie queer dans les systèmes existants d’exploitation et de contrôle, mais plutôt d’abolir les systèmes qui rendent la survie queer précaire en premier lieu.
D’un point de vue révolutionnaire, le devenir queer imagine des futurs où :
- La vie n’est pas organisée autour du profit, de la productivité ou du travail salarié.
- Le genre, la sexualité et la parenté sont libérés de la réglementation étatique, religieuse et commerciale.
- Les frontières, les prisons et la police ne structurent plus l’appartenance ou la sécurité.
- Les relations coloniales à la terre sont démantelées et les écosystèmes sont défendus contre l’exploitation et l’effondrement.
- Les soins, l’interdépendance et la survie collective remplacent la punition, la rareté et la concurrence
Cette compréhension du devenir queer insiste sur le fait que la libération queer est indissociable de l’abolition du capitalisme, du colonialisme et des conditions qui conduisent à la destruction de l’environnement. Elle s’inscrit dans un processus collectif qui consiste à imaginer et à nommer des avenirs pour lesquels il vaut la peine de se battre, des avenirs qui refusent l’inévitabilité du capitalisme, de la domination coloniale et de la dévastation environnementale.
Nous ne nous demandons pas quel sera l’avenir.
Nous nous demandons quels avenirs nous sommes prêts à construire ensemble.
Nous nous intéressons aux travaux qui explorent les tensions et les relations entre les luttes locales et mondiales, la manière dont les résistances locales et territoriales s’articulent avec les mouvements transnationaux, les conditions communes d’oppression et la libération collective au-delà des frontières.
Les textes sont à envoyer à frontrose@riseup.net avant le 30 mars pour une parution du numéro à l’automne 2026. Un protocole de soumission plus détaillé est disponible à l’adresse suivante : https://frontrose.gay/soumettre-un-texte-a-front-rose/
Les articles soumis doivent être inédits au moment de leur soumission et jusqu’à la parution du numéro, après quoi l’auteurice peut en disposer à sa guise et le publier où iel le souhaite sans accord préalable. Sauf entente contraire, tous les articles qui paraîtront dans une édition papier de Front rose seront éventuellement rendus disponibles sur notre site web au cours de l’année suivant la parution.
